Compte rendu de la conférence L’Union européenne et le Royaume-Uni: Quelles perspectives? à Genève le 22 novembre 2014 par Renaud Thillaye

Renaud-Tbis

Renaud Thillaye est chercheur sur l’Union européenne et directeur adjoint du Think-Tank progressif, basé à Londres, « Policy Network ».

Il publie des article et anime des conférences sur la gouvernance économique et sociale de l’Union européenne,  les relations Britanniques avec l’Union Européenne et les réformes institutionnelles de l’UE.

 

Compte rendu de sa conférence

Les trois questions essentielles:

–      Celle sur toutes les lèvres: y a-t-il un risque de « Brexit »?

–      Plus sérieux: le malaise britannique doit-il être pris au sérieux? Traduit-il quelque chose de plus profond? Le modèle Suisse (relation à la carte) est-il l’avenir?

–      Concrètement, quelle attitude les pro-européens “continentaux” doivent-ils adopter? Est-ce une bonne nouvelle?

Mais d’abord quelques rappels historiques.

  1. Europe et RU, une relation ambiguë et tumultueuse

Jamais un long fleuve tranquille, et une relation toujours ambiguë, reposant davantage sur un calcul cout-bénéfice que sur un engouement d’ordre idéaliste.

–      Après-guerre: Churchill (qui n’est plus au gouvernement) à la pointe de la création du Conseil de l’Europe, évoque les Etats-Unis d’Europe… mais pour les autres. USA et Commonwealth = priorités

–      CECA et Traité de Rome : choix de ne pas adhérer – zone de libre-échange plutôt que marché commun.

–      1973 : adhésion (après 2 refus de De Gaulle) mais renégociation immédiate en vue du référendum de 1975 suite à l’accession au pouvoir des Travaillistes

–      1980s-1990s: résistance à l’intégration

« I Want my money back » – Thatcher obtient le fameux rabais britannique.

1988, Discours de Brugges : « We have not successfully rolled back the frontiers of the state in Britain, only to see them re-imposed at a European level with a European super-state exercising a new dominance from Brussels. »

1992 : opt-outs (exemptions) sur l’euro, le chapitre social et les affaires intérieures.

–      Blair : lune de miel ? Normalisation ?

Fin des opt-out – élargissement, réforme de la PAC, discours de Blair au PE en 2005…

–      Depuis D. Cameron : très nette détérioration

Retour au discours britannique traditionnel : l’Europe est un marché, pas un projet politique. Le Parlement européen n’a pas de légitimité. L’intégration représente une menace plus qu’une opportunité. Le budget européen est une gabegie.

Je reviendrai à ces griefs, aussi sur le fait que la chute de confiance est généralisée. Mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’il n’y a jamais eu, au Royaumes Unis, le sentiment d’une responsabilité historique comme en France et en Allemagne. La « conscience européenne » est beaucoup moins forte.

Confiance dans l’UE oscille autour de 20% au RU depuis 2003 (pic à 36% en 2007) contre 30-40% moyenne UE (pic à 57% en 2007)

  1. Y a-t-il un risque de Brexit ?

2 questions : référendum ? résultat ?

  • Y aura-t-il un référendum ?

Oui vraisemblablement. David Cameron l’a promis, et ses chances de se maintenir au pouvoir en mai 2015 sont réelles. L’avance du Labour s’est considérablement réduite. Ed Miliband le leader du parti travailliste a un problème.

Coalition Labour-Lib Dem possible. Mais pression pour organiser un référendum, bien qu’Ed Miliband a eu le mérite d’être clair sur la question récemment (pas de référendum s’il n’y a pas de changement majeur, notamment dans la zone euro)

Impact du UKIP ? Clairement, la promesse de Davis Cameron est liée à la montée du UKIP et à la pression que ressentent les députés conservateurs. Défections ces dernières semaines, qui ont conduit à des victoires UKIP dans les élections partielles qui ont suivi.

UKIP : de -5% d’intentions de vote en 2010 à 15-20% aujourd’hui. 24% aux élections européennes de 2014, 1er groupe parlementaire britannique (rem : FN similaire)

Les enquêtes montrent cependant que le sentiment anti-immigration et le ras-le-bol contre une classe politique jugée corrompue moralement expliquent la montée du UKIP.

Phénomène populiste européen. Europe = bouc émissaire. Au Royaumes-Unis, l’immigration, le NHS et l’économie sont les premières sources d’inquiétudes avant l’Europe.

  • Quel résultat en cas de référendum ?

Trop tôt pour dire. Dépendra beaucoup de l’attitude de David Cameron. Il a promis de renégocier les termes de l’adhésion britannique et de faire campagne pour une « Europe réformée ». Or sa stratégie de renégociation est assez hasardeuse, notamment la volonté de modifier les traités. Que dira-t-il s’il n’obtient pas satisfaction ?

Seuls Labour et Lib Dem feront clairement campagne pour le oui, renégociation ou non.

Les sondages redeviennent favorables, mais c’est fragile: la proportion des Britanniques qui voterait pour rester dans l’Union est passée de moins de 30% en 2012 à environ 40% aujourd’hui, tandis que les intentions de vote en faveur d’une sortie chutaient de 50 à 40% (source : Yougov). En revanche, nette majorité en faveur d’une « Union réformée ».

Þ De quelles réformes parle-t-on ? Les demandes de David Cameron sont-elles réalistes ? Raisonnables ? Traduisent-elles un mouvement plus profond qui caractérisera l’avenir de l’UE ?

  1. Renégociation : les demandes britanniques sont-elles sérieuses ?

David Cameron les as formulées dans un article au printemps, suite au discours de janvier 2013. 3 principaux chapitres :

–       Liberté de circulation : 1) restriction en cas de nouvelle accession pour éviter les mouvements massifs (cf. Polonais 2000-2011, +500 000) 2) restriction de l’accès à la protection sociale (allonger les délais)

Ne nécessite pas de changement de traité : mesures transitoires au niveau européen, et nationales.

–       Rôle des parlements nationaux : plus de facilité pour un groupe de parlements nationaux de bloquer les projets de législation européenne.

Aujourd’hui carton jaune = 1/3 des parlements nationaux peuvent demander la révision d’un projet. Si on arrive à la moitié la Commission est obligée d’amender son projet. David Cameron veut un carton rouge = possibilité de rejeter purement et simplement le projet.

Cela pourrait nécessiter un changement de traité. Mais il y a une marge de manœuvre importante pour mieux utiliser le carton jaune.

Remarque : glissement du pouvoir de co-législateur du Parlement Européen et du Conseil vers les parlements nationaux.

–       Subsidiarité et intégration : 1) plus de souplesse dans l’application des règlementations européennes, notamment pour PMEs et services publics 2) moins d’interférence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) 3) « ever closer union », « une union sans cesse plus étroite »

Souplesse déjà en œuvre : gros effort de la Commission pour limiter le champ d’application des règlementations aux plus grandes entreprises. Rem : « moins de règlementation » veut souvent dire s’affranchir des règles sociales. Ex : directive sur le temps de travail (max = 48h en moyenne annuelle)

CEDH : pas l’UE !

« Ever closer union » : symbolique. Faut-il changer les traités pour ça ?

Du sérieux et du moins sérieux.

Certaines demandes reflètent de vraies préoccupations, pas seulement au Royaumes-Unis : Pays-Bas (travaillistes) également inquiets au sujet de la liberté de circulation et demandeurs de moins de législation européenne. Le Labour partage largement ces préoccupations. Bon sens = éviter la bureaucratie et faire en sorte que l’immigration ne se fasse pas de manière brutale, au détriment des travailleurs locaux.

D’autres demandes sont purement symboliques, très british : rôle des parlements nationaux (lecture très traditionnelle de la souveraineté), « ever closer union ».

Timing de la renégociation pas clair, mais sans doute juste après l’élection. Résultat probable = accord politique et changements cosmétiques dans les traités (ajout d’un protocole) qui ne nécessite pas de référendum. Merkel et beaucoup d’autres gouvernements ont dit clairement leur intention d’aider DC sans ouvrir de Boite de Pandore.

  1. Comment réagir à cette situation? Que peut-on dire pour retenir les Britanniques sans travestir le projet européen?

  • Serait-ce si grave ?

Certains à Paris pensent « bon débarras ». D’autres observent que le Royaumes Unis continuerait à coopérer avec l’UE (diplomatie commune, application sélective du droit européen) ou avec certains pays (défense et anti-terrorisme). Modèle Suisse.

Mais une sortie du Royaumes-Unis serait un très mauvais signal. Le pouvoir d’influence de l’Europe en pâtirait (négociations commerciales…). Les Américains trouvent cette perspective ridicule.

  • Faut-il être conciliant ou adopter un discours plus ferme ?

Un peu des deux.

D’un côté, il faut montrer surtout que les traités existants offrent toutes les flexibilités possibles. L’UE est déjà une organisation à géométrie variable (zone euro, Schengen, défense…). Les pays peuvent être plus ou moins libres de participer ou non à certaines coopérations.

D’un autre, être ferme sur l’application du droit européen. Si un pays décide de ne plus l’appliquer, ou de ne plus se soumettre à la Cour de justice, l’édifice s’effondre. Logique de « paquet » : on ne peut etre pour le marché unique mais contre les règlementations sociales.

De manière générale, dépasser le calcul cout-bénéfice de court terme et souligner l’importance du projet européen pour l’avenir du RU. Alan Milward, 1988 : « the European Rescue of the Nation State » : la souveraineté des petites nations européennes (c’est-à-dire leur capacité à rester maitres de leur destin) passe par l’union. L’union fait la force. Et les plus grandes de ces petites nations européennes (Allemagne, France, RU) ont la chance de pouvoir diriger ce projet. En d’autres termes, il faudrait qu’un PM britannique puisse dire, comme F. Hollande de la France : « le RU c’est l’Europe et l’Europe c’est le Royaumes-Unis ». Blair l’avait fait en 2005.

Conclusion

Malaise britannique actuel dans la continuité de l’ambigüité originelle.

Mais un rejet qui déborde largement les frontières britanniques aujourd’hui, donc à prendre au sérieux. Challenge pour les Etats également : Ecosse, Catalogne…

Il faut trouver de nouvelles articulations entre la volonté de retrouver des marges manœuvres locales / nationales et la force collective que procure l’intégration européenne.

Débat Eurovision entre les candidats à la présidence de la Commission Européenne

A ne pas manquer : 
Débat Eurovision entre les candidats à la présidence de la Commission Européenne
avec la participation  de Martin Schulz, candidat des démocrates et socialistes européens (PSE)
Jeudi 15 Mai 2014, 21.00h
UER ( BBC,ZDF,Rai,ARTE,DW, parmi d’autres..)

 

Rendez-vous au Cirque d’Hiver le 17 avril pour le meeting européen au Cirque d’Hiver !

 

Ce jeudi 17 avril à 19h30c’est le lancement de la Campagne Européenne du PS France. Le Parti socialiste français organise l’évènement au Cirque d’Hiver à Paris, et notre candidat commun, Martin Schulz, est un des invités d’honneur.

 

Tu es invité à participer à ce tournant historique dans la démocratie européenne et d’être avec notre candidat pour la prise du Parlement européen et vers une nouvelle Europe!

 

Tu peux t’inscrire via Facebook ousur la page web du Parti socialiste français. Retrouvons nous à Paris pour le début de cette aventure, pour notre parti et nos membres!

 

Amitiés socialistes,

 

L’équipe de militants du PSE

le-17-avril-meeting-europeen-au-cirque-dhiver

Les voix des Européen-ne-s en Suisse sont importantes!

Du 22 au 25 mai, les Européens éliront les nouveaux membres de leur parlement et jetteront ainsi les bases d’une nouvelle Europe. La Suisse compte 1,7 millions de ressortissants européens qui possèdent le droit de vote. Prenez donc aussi part à ces élections, car une Europe sociale se fera avec votre vote.

Toutes les informations sur cette élection sur le site « Ensemble pour une Europe sociale, les élections Européennes 2014 en Suisse »,
disponible en 6 langues:

www.europawahl2014.chwww.electionseuropeennes2014.chwww.elezionieuropee2014.ch
www.eleicoeseuropeias2014.chwww.eleccioneseuropeas2014.chwww.europeanelections2014.ch

Autres liens:

PS Suisse: www.pssuisse.ch

PS Migrant-e-s: www.psmigrants.ch

Partito Democratico in Svizzera: www.pd-svizzera.ch

SPD: www.spd.de/aktuelles/europawahl2014

Parti socialiste français: www.parti-socialiste.fr

Partido Socialista Obrero Español (PSOE): europeas2014.psoe.es

Partido Socialista Portugal: www.ps.pt

Parti socialiste européen (PES): www.pes.eu/fr

Martin Schulz: www.martin-schulz.eu

UNIA: www.unia.ch

Union syndicale suisse: www.uss.ch

Les Eurosocialistes à Genève

 

Compte-rendu de la Conférence-débat : « Elections Européennes 2014: quels défis? » par le parlementaire européen Jean-Louis Cottigny

Compte-rendu de la Conférence-débat

tenue à la Maison des Associations, à Genève le 27/02/2014

sur le thème :

Elections Européennes 2014 : quels défis ?

par Jean-Louis Cottigny, Parlementaire européen

Notre vice-Présidente Sylvie Lacroux  présenta, en introduction, l’intervenant  de la soirée, Jean-Louis Cottigny, ancien ouvrier et syndicaliste, ancien maire de Beaurains, conseiller-général du Pas-de-Calais depuis 1992, et parlementaire européen entre 1997-99, 2004-09, et depuis 2012.

Sa vie ouvrière et l’entreprise          

Jean-Louis est né d’un père forain et d’une mère gitane.  Il a commencé sa vie professionnelle comme jeune ouvrier, quand il a appris qu’il faut transmettre son savoir, que l’argent ne devrait pas bloquer le développement (personnel) et que tout le monde a une liberté fondamentale.  Il a appris comme syndicaliste qu’il faut se former en continu, faire de nouvelles rencontres, et apprendre à se taire et écouter pour comprendre.  Pour le développement il faut sortir de l’égoisme.  Il a appris que les bons patrons sont ceux qui écoutent et connaissent leurs travailleurs.  Il faut avoir le regard vis à vis de l’être humain.

L’entreprise et la société

Le capitalisme récolte le fruit du travail.  Cela était déjà l’enjeu de la révolution russe en 1917.  Si – dans la situation actuelle – tout le travail est fait par les robots, comment  peut-on financer les charges sociales?  Quelle société  voulons-nous?  Beaucoup de services publics, fondés sur la culture du fonctionnariat ?  Il faut aussi constater que la société ne s’arrête pas à l’entreprise.  Il faut introduire la citoyenneté dans l’entreprise.  Il faut aussi aider les entreprises, par exemple par une subvention pour le logement des travailleurs. Les gouvernements (nationaux et locaux) doivent travailler ensemble avec les entreprises.  En plus un pays seul ne peut plus résoudre ses problèmes.

L’Europe est en danger

Le premier objectif de l’Union européenne est de contribuer à la paix, qui ne peut jamais être considérée comme acquise.  C’est très bien par exemple que les pays de l’Est veulent se joindre à l’Union européenne.  C’est bien aussi qu’en vue des élections prochaines en mai le président de la Commission Européenne soit  élu par le Parlement européen  pour remplacer M. Barroso, qui est aux ordres du système bancaire.  Le système actuel du financement des Etats est injuste, car la Troika – non élue – pénalise les pays les plus faibles.  Un autre danger est la poussée des partis nationalistes – de droite et de gauche – qui veulent revenir à un chacun pour soi.  Leur slogan est : Notre Europe, Une autre Europe, tandis que notre objectif est :

Non à l’Europe d’aujourd’hui, vers une Europe verte, humaniste et sociale

Une Europe pour les jeunes, par exemple, en leur offrant des possibilités  de formation et d’apprentissage financées, par exemple par un Fonds d’aide pour les jeunes.  Peut-être un Erasmus plus, qui sera destiné aux jeunes avec des diplômes professionnels.

Une autre piste serait de créer un fonds sur la mondialisation, qui protègera les travailleurs affectés par des restructurations.  Il faut également un fonds pour les plus démunis, car il y a maintenant 120 millions d’Européens qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté.

Il faut aussi instaurer un salaire moyen européen, et un salaire minimum qui dépend du revenu national par tête d’habitant.

Finalement, nous avons besoin d’une réflexion planétaire sur les effets du changement climatique.

DEBAT

Les deux premiers commentaires ont mis en avant qu’une Europe humaniste ne peut pas tolérer la grande inégalité qui existe actuellement dans tous les pays d’Europe.  En Allemagne par exemple, 2% de la population possède 85% des actifs financiers.  En plus, l’Europe devrait développer plus de moyens pour permettre la pratique de  la démocratie directe.

Un autre intervenant a critiqué la rapidité avec laquelle les pays de l’Est ont été acceptés comme membre de l’UE dans les années 1990, ce qui a freiné la construction en profondeur des institutions européennes.  Il a mentionné également que l’UE devrait être plus stricte avec la Suisse après le vote du 9 février, et qu’il faut examiner  plus en détail les 130 éléments des accords bilatéraux entre l’UE et la Suisse.

D’autres questions ont été posées sur la situation en Ukraine, sur la politique européenne pour l’emploi, sur la position du Royaume-Uni  au sein de l’UE et sur Strasbourg comme lieu de réunion pour le parlement européen.

Jean-Louis Cottigny a répondu que l’adhésion des pays de l’Est était nécessaire du point de vue politique pour éviter que la Russie regagne une influence forte sur ces pays et pour éviter l’« américanisation » de ces pays.

Sur l’Ukraine il est en faveur d’une politique diplomatique, qui ne met pas « l’huile sur le feu.  Il est intéressant de remarquer que les prochaines élections en Ukraine se tiendront  le 25 mai, le même jour que les élections européennes.  Par rapport au Royaume-Uni, il pense qu’en fin de compte, le gouvernement britannique serait toujours favorable pour se maintenir  dans l’UE.  La position officielle de la France envers Strasbourg est immuable, mais la France pourrait accepter une solution qui maintient Strasbourg comme centre européen d’excellence, par exemple par la création d’une université européenne et/ou d’un centre de recherche européen de pointe.

Sur la politique européenne pour l’emploi, Jean-Louis Cottigny est en faveur d’une politique de ré-industrialisation, soutenue par quelques mesures de protection.  Il faut également réhabiliter les métiers « nobles » de l’industrie, et orienter dans l’école les jeunes vers les métiers industriels.  En plus, il est en faveur d’une législation européenne plus stricte sur la réduction du temps de travail, et en particulier sur le temps de travail de certains métiers, comme les chauffeurs de transports.  Il y a une grande disparité entre le temps de travail maximal accepté pour ces métiers par différents pays de l’UE, comme la Pologne et la France.  Il faut éviter la guerre économique entre les pays de l’UE.  Il préconise l’Europe sociale vers le haut.

A la fin de sa conférence, Jean-Louis Cottigny nous a proposé (s’il est réélu) de recevoir  une visite d’un groupe d’Eurosocialistes de Genève à Strasbourg, pour mieux comprendre le fonctionnement du parlement européen et pour  rencontrer plusieurs parlementaires du groupe social-démocrate.

WvG (SL)/20.3.2014 (version non revue par le conférencier)

L’Europe unie et solidaire: idéal démocratique et social, nécessité économique et politique pour les européens

  • Par Marco Marocco, Représentant du PS italien en Suisse   (membre du Comité exécutif)   Genève, Février 2014

Constat des problèmes de l’Europe

La crise des sub-primes – déjà vieille de 6 ans – perdure en Europe avec des formes différentes beaucoup plus qu’ailleurs.

Le marché financier dérégulé a été à l’origine de cette crise, ou pour mieux dire, a été le déclencheur de la crise actuelle en Europe et a continué à l’alimenter même après que le système bancaire (largement co-responsable de dérives spéculatives, de nombres d’abus, de plusieurs conflits d’intérêt dans son fonctionnement régulier et – in fine – des restrictions des flux des crédits a bénéficié d’aides de la Banque centrale européenne (BCE) et des Etats de l’Union Européenne (UE) d’une ampleur jamais enregistrée auparavant.

Mais c’est surtout la recherche du profit à court terme, coûte que coûte, ainsi que l’absence d’une sensible empreinte de l’éthique de l’effort et du travail dans les milieux financiers qui ont été à la base des dysfonctionnements ci-dessus indiqués.

Ces circonstances, unies à la difficulté de sortir des taux de chômage élevés par le manque d’offre  de la part  du système économique et par l’insuffisance des nouveaux investissements, ont un impact catastrophique sur le plan psychologique auprès des jeunes générations et des couches sociales vulnérables. En fait le message qui triomphe est le suivant : « Quelques soient vos efforts, celui qui a plus aura toujours plus et vous  qui avez moins serez marginalisés ».

Il est donc important, suivant l’esprit du socialisme démocratique en Europe, de prendre en compte  les mérites et les besoins des citoyens.

On constate en effet un manque d’action forte et coordonnée de la part des pays  européens et de la Communauté internationale pour contrecarrer les excès de la financiarisation de l’économie. Cette insuffisance d’action est notamment marquée par l’absence de mesures pour faire face aux effets négatifs d’un certain nombre de transactions financières  (notamment certains produits « dérivés » que les « hedge funds » et d’autres acteurs utilisent) qui non seulement augmentent la volatilité de valeurs des biens, mais aussi crée de plus en plus de disparités  géographiques en terme de pauvreté.

Il est à cet égard intéressant d’examiner les mécanismes appliqués par certaines  banques pour préserver les intérêts collectifs. Tel est le cas du mécanisme « funding for lending » (financement pour permettre le prêt) pratiqué par la Banque d’ Angleterre. Cela consiste dans l’application de conditionnalités pour permettre l’acquisition de liquidité par les banques. Celles-ci doivent s’engager à  canaliser les fonds reçus vers de nouveaux prêts aux entreprises. Ainsi les banques apportent un soutien à  l’économie réelle et non pas à la spéculation.

De plus, à différents niveaux de l’UE,  on manque de détermination dans la lutte contre les dépenses inutiles ou inefficaces, contre l’action dérèglementé et non transparente des lobbies, contre la corruption et pour réduire les lourdeurs bureaucratiques : un big-bang culturel dans l’administration et la gouvernance est nécessaire pour réduire l’écart creusé entre les citoyens et pour freiner la vague populiste qui se propage sur  notre continent.

 

Politiques pour permettre la relance

Les socialistes veulent:

·         Plus d’investissements publiques et privés dans les infrastructures, accompagnés par une politique favorable aux entreprises vertueuses : celles qui donnent davantage de l’emploi, qui font des investissements (surtout si innovant et centrés sur la qualité, les nouvelles technologies et le développement durable).

·         Formation et orientation professionnelle: renforcer l’efficacité des programmes de l’UE  et en faciliter l’accès à tous pas seulement  aux jeunes. Cela doit se conjuguer avec des politiques actives pour l’emploi et la réinsertion. « Flexi-security » est la philosophie de fond que nous pensons devoir  faire avancer. De plus, favoriser des parcours juridiques pour simplifier les contrats de travail en ajoutant des droits au fur et à mesure que la personne gagne de l’expérience et de l’ancienneté.

·         Renforcer le dialogue social et promouvoir au niveau juridique la diffusion du modèle de la  « MitBestimmung » ou « codétermination » (prévu dans les statuts juridiques des sociétés de droit allemand)  pour faire avancer les droits des travailleurs et les mécanismes démocratiques au sein des entreprises.

·         Développement de l’information auprès des consommateurs et incitations fiscales pour favoriser des achats éco-solidaires  et pour privilégier les produits des PME.

·         Faire fonctionner véritablement les mécanismes de la concurrence avec le but principal de défendre les consommateurs les plus démunis.

·         Agir efficacement pour permettre le contrôle du secteur numérique par les acteurs concernés en exigeant plus de transparence et en imposant la WEB Tax. (taxe appliquée aux sites) : Favoriser le respect des droits individuels, de la transparence et des libertés en créant un cadre juridique et technologique cohérent avec ses principes.

·         Favoriser plus fortement les formes d’intégration sociale à travers la protection des mineurs, des personnes handicapées, des personnes âgées qui peuvent néanmoins soutenir une dynamique de l’économie locale. Avoir le courage de s’opposer aux clichés imposés par certains médias et de mener le combat  pour  la défense des valeurs démocratiques d’inclusion sociale.

·         Renforcer les Programmes Européens de coopération et partenariat avec les Pays de la Méditerranée et ceux de l’ancienne sphère soviétique. Renforcer aussi les Programmes comme Erasmus pour les universitaires pour multiplier les occasions de partage des connaissances et d’échange d’expériences.

Besoin de plus d’Europe et d’une autre Europe

On a donc besoin d’une Europe sociale, solidaire et forte. Mais aussi d’une Europe qui soit capable de rester un acteur fondamental dans l’économie mondiale avec une compétitivité basée sur son patrimoine de connaissances et de compétences, sur ses infrastructures physiques, techniques et sur son héritage culturel.

Pour faire cela, il faut aller de l’avant par :

·         l’Union bancaire complète (en incluant aussi les banques régionales allemandes que  ont tellement  causé de problèmes par leur maladresse et incompétence) ;

·         la dotation à l’UE de ressources propres adéquates pour exercer une politique industrielle à l’échelle du continent. L’ Introduction des Euro-bonds : possibilité pour l’UE d’émettre ses propres obligations ;

·         l’Introduction de la taxe sur les transactions financières à l’échelle du continent (Tobin Tax) ;

·         l’harmonisation fiscale (y compris avec des Pays Tiers comme la Suisse), lutte coordonnée contre l’évasion fiscale (avec l’aide de l’OCDE) et freins efficaces aux pratiques de « tax planning » par nombre des multinationales (il s’agit des structures légales plus ou moins fictives qui visent à minimiser la charge fiscale dans les Pays avec fiscalité plus élevé par rapport à d’autres Pays plus conciliant fiscalement ou les bénéfices et/ou la liquidité sont concentré par effet de la mise en place des modèles d’ « optimisation »); il faut aussi moduler  progressivement la fiscalité  selon les niveaux de  revenus du travail  et sur le patrimoine ( tout en gardant une taxation modérée  sur l’unique habitation principale);

·         une  politique  commune de défense (création d’une force rapide d’intervention commune qui puisse soutenir par exemple la France dans le cas récent du Mali et de la Centre-Afrique).

·         Exclure les investissements publics du calcul des déficits des États à certaines conditions et pendant une courte durée de temps pour donner plus d’élan à la dynamique de l’économie ;

·         Renforcer les Programmes Européens tels que  FRONTEX pour mieux assister lles réfugiés et es immigrés ayant droit à l’asile  sur la base des Conventions Internationales. ; agir de manière préventive dans les Pays d’origine des nouveaux migrants en utilisant les Consulats des pays de l’UE pour informer davantage sur les conditions d’ entrer et d’établissement en Europe; combattre les formes d’extorsion et d’esclavage souvent liées aux situations de détresse des émigrés clandestins.

Le problème pour l’Europe dans le cadre de  notre vision socialiste et sociale- démocrate,  est que l’approche qui prévaut avec la chancelière allemande, Madame Merkel,  est tout à fait défavorable à l’Europe dans son ensemble et – bien que cela puisse  paraitre contradictoire – pour l’Allemagne elle-même à moyen et long terme.

Il faut donc faire gagner le socialisme démocratique et battre les populistes et les conservateurs.

Force est de constater que l‘Allemagne n’est pas la même depuis la réunification. Elle est à nouveau le Pays continental qui avait  autrefois et  continue à avoir des  intérêts propres conditionnés  dans le marché  européen. Les liens forts avec l’UE et l’Occident n’existent plus depuis que les soviétiques ne sont plus à Berlin.

Désormais l’Allemagne discute sur “comment” se positionner  dans l’UE et comment elle peut  y exercer son hégémonie.

La crise dite du « spread « a été “créée par l’Allemagne par le biais de la Deutsche Bank, par des ministres très en vue de la législature ayant précédé  l’actuelle, par des hommes politiques, des haut-fonctionnaires ainsi que des ressortissants  allemands dans la Banque centrale européenne et la Commission de l’UE. L’Allemagne en a retiré d’ énormes bénéfices conquérant des parts de marchés au détriment notamment d’ entreprises italiennes et espagnoles.

Cela est arrivé au même moment où des instituts d’études économiques allemands reconnaissaient que la capacité de soutenir les dettes nationales à moyen et long terme (patrimoine, charges sociales et de prévoyance attendues) était meilleure en Italie qu’en Allemagne.

Par  la pratique  de coûts de financement réduits (par exemple Volkswagen finance ses ventes au taux de 1%, Fiat à 8%) l’Allemagne entretient son hégémonie. Le prêt personnel pour achat de véhicule  coutait en 2012 et 2013 en Italie plus du double en intérêts qu’en Allemagne. Un jeune, pour 1000 euros d’emprunt à rembourser en 36 échéances soit 3 années,  devra  restituer 168 euros en Italie et 72 en Allemagne.

Conclusion

En conclusion, il est vrai que chaque Pays doit faire sa part pour tenir les comptes publics sous contrôle, mais il est vrai aussi que l’Europe a besoin de croissance économique, de mettre en valeur ses atouts d’héritage culturels et favoriser la possibilité d’exercer les libertés individuelles, tout en minimisant l’impact des égoïsmes et des populismes; l’Europe est un espace démocratique et des droits de l’homme qui reste un phare dans le monde entier. Pour cela, une Europe unie et forte devra rester un rempart contre les régimes totalitaires et répressifs et continuer à garantir un futur aux citoyens dans l’équilibre entre compétitivité, équité et solidarité.

Newsletter PSE 8 Octobre 2013

 

Le PSE lance le processus de nomination en vue de la sélection d’un « candidat commun » aux élections européennes de l’année prochaine
PES
Le Parti socialiste européen (PSE) lance officiellement aujourd’hui le processus de nomination en vue de la désignation d’un « candidat commun » aux élections européennes, qui auront lieu à la fin du mois de mai de l’année prochaine. La période de nomination prendra fin le 31 octobre.
PES
  en savoir plus

1er Forum des militants du Parti Socialiste Européen (PSE) Budapest , Hongrie 8,9 et 10 mars 2013

Rapport de mission par Joachim Forget et Sylvie Lacroux, Président et vice-présidente des Eurosocialistes à Genève

 1er Forum des militants hors Congrès du Parti  sous le thème:

“ Ensemble pour le changement”

  • 200 militants de base participant, une quinzaine de pays représentés: Allemagne, Autriche, Belgique, Croatie, Espagne, France, Hongrie, Irlande, Italie, Lituanie,  Pays Bas, Portugal , Pologne, UK…
  • animé par : Zita Gurmai, Présidente du PSE-Femmes, ex présidente de la Section Femmes du Parti Socialiste de Hongrie ; ex parlementaire européenne, assistée de toute une équipe du PS hongrois
  • tenue de ce Forum en Hongrie pour signifier un appui  des militants du PSE au PS hongrois en période de processus électoral   en opposition  au  Gouvernement populiste d’extrême droite en place ;

participation des militants PSE à la commémoration de “la révolution de 1848”, organisée par le PS Hongrois (10,000 participants dont 4000 membres et sympathisants)

  • Président PSE Serguei Stanishev, ex. 1er ministre de Bulgarie, anima une  session Questions-Réponses et appela les membres du PSE à envoyer des observateurs en Bulgarie pour surveiller le processus électoral du mois d’octobre prochain. (Risque de corruption , même situation en Hongrie)

Interrogé par le groupe de militants de Genève sur  l’adoption  statutaire de règles de fonctionnement des groupes de militants de base au sein de la structure organisationnelle du Parti, Serguei a rappellé que le PSE représente les Partis nationaux membres et pour l’instant les groupes de base doivent trouver leur insertion dans les structures nationales. Le cas de Genève , groupe de base multinational et déjà européen est un idéal vers lequel nous devons tendre, a  reconnu le Président, mais nous en sommes loin.

  • Marije Laffeber, Secrétaire Générale Adjointe du PSE, a soutenu notre position en matière de démocratisation nécessaire du Parti et le travail  à mener pour un PSE unitaire. (A ce sujet poursuivre le contact avec Terry Connally chargé de coordination du réseau des groupes de militants).
  • Excellent accueil et prise en charge par les militants du PS hongrois . Participation à  des évènements publics: célébration de la journée des Femmes le 8 mai et grande manifestation festive ayant rassemblée près de 10,000 participants dans stade couvert, avec  interventions des ténors socialistes  célébrant la révolte de 1848 et préparant la campagne électorale imminente.
  • Série de panels de discussion durant les 3 jours sur les thématiques suivantes:

–       Nouvelle politique économique – alternatives

–       Les inégalités grandissantes (genre, femmes, minorités..)

–       Justice sociale au 21ème siècle

–       Genre et crise économique

–       Affronter l’extrême droite

–       Garantie pour l’emploi des jeunes  (poursuivre les premiers acquis positifs sur le sujet)

–       Outils de campagne:

  • Comment faire une campagne efficace
  • Comment cibler ses messages
  • Organiser un évènement
  • Message de clôture par Anna Colombo, Secrétaire générale du Groupe parlementaire européen Socialistes et Démocrates (S&D) portant sur :

–          la stratégie pour la campagne de 2014 pour les prochaines élections parlementaires et l’élection du président de la Commission Economique

–           un Renouveau nécessaire de tout le système : « Nous ne    voulons        plus   de l’UE actuelle »

–          le besoin de définir et de promouvoir un modèle alternatif

PS : Pour le suivi des actions de campagne 2014 , se connecter sur le site du PSE  www.pes.eu et s’inscrire en tant que militant de base. Autres sites pour préparer les élections européennes de juin 2013 www.relaunchingeurope.eu